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Quelques extraits de Krishnamurti en lien avec la proposition de dialogue



Quelques extraits de Krishnamurti
en lien avec la proposition de dialogue

« il est important que nous, vous et l’orateur, pensions ensemble. Nous entendons par penser ensemble, ne pas se contenter d’accepter toutes sortes d’opinions ou d’évaluations, mais observer ensemble, non seulement ce qui se passe dans le monde, extérieurement, mais aussi ce qui nous arrive à tous, intérieurement, psychologiquement. Extérieurement, il règne une grande insécurité, une grande confusion, des guerres ou la menace de guerre. Des guerres se déroulent actuellement dans certaines parties du monde et des êtres humains s’entre tuent. Cela n’arrive pas à l’ouest mais ici il y a la menace de guerre nucléaire et la préparation de la guerre. Et nous, hommes ordinaires, semblons être incapables de faire quoi que ce soit à cet égard. Il y a des manifestations, du terrorisme, des grèves de la faim, etc. Un groupe tribal s’oppose à un autre, les scientifiques y contribuent et les philosophes, bien que leurs propos le condamnent, continuent intérieurement à penser en termes de nationalisme, selon leurs carrières personnelles. C’est ce qui se passe actuellement dans le monde extérieur et que tout homme intelligent peut observer.
Et intérieurement, dans nos esprits et dans nos cœurs, nous sommes aussi très confus. Il n’y a pas de sécurité, non seulement peut-être pour nous-mêmes, mais pour la génération à venir. Les religions ont divisé les hommes en Chrétiens, Hindous, Musulmans et Bouddhistes. C’est pourquoi en considérant tout cela, en observant objectivement, calmement, sans aucun préjugé, il est naturellement important qu’ensemble nous réfléchissions à tout cela. Je pense que très peu d’entre nous s’en rendent compte. La crise se situe dans notre esprit et dans notre cœur, c’est-à-dire dans notre conscience. Notre conscience, c’est notre existence toute entière. Avec nos croyances, nos conclusions, notre nationalisme, toutes les peurs que que nous avons ; elle est nos plaisirs, les problèmes apparemment insolubles et la chose que nous appelons amour, compassion ; elle renferme le problème de la mort — nous demandant s’il y a quelque chose après elle, quelque chose au-delà du temps, au-delà de la pensée et s’il y a quelque chose d’éternel. Tel est le contenu de notre conscience. C’est le contenu de la conscience de tous les hommes en quelque endroit du monde qu’ils se trouvent. Le contenu de notre conscience est le terrain commun à toute l’humanité. »
« Le réseau de la pensée »
, causerie du 19 septembre 1981, pp.55-57

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« J’espère que nous pouvons réfléchir ensemble au problème . Alors que si vous avez votre propre point de vue et que l’autre s’accroche à son opinion, il devient impossible de penser ensemble. Si vous avez des préjugés et si l’orateur a son propre point de vue, il nous est alors impossible de penser ensemble. Penser ensemble ne signifie pas que nous soyons d’accord, mais plutôt qu’ensemble, comme deux êtres humains, – pas des Américains ou des Hindous, rien de tout cela – ces deux êtres humains se confrontent à ce problème, problème que les êtres humains ont créé, à savoir : cette société est si terrifiante qu’en tant qu’êtres humains on doit radicalement se transformer. Et est-ce possible ? Est-ce possible pour un esprit humain qui a évolué au cours du temps, de millénaire en millénaire, qui est passé par d’innombrables expériences, par tant de souffrances, d’affrontements, de guerres, cet esprit de l’être humain, ce cerveau qui n’est ni le mien ni le vôtre, mais qui résulte d’une évolution de 5, 10 millions d’années, qui est le cerveau de l’humanité et pas un cerveau individuel. Nous l’avons réduit à un cerveau individuel, le mien et le vôtre, mais si vous l’examinez avec grand soin, vous découvrirez que ce cerveau, qui a évolué au cours du temps, est le cerveau de l’humanité…./... Et ce cerveau a fonctionné sur certains modes, le mode de la peur, le mode du plaisir, de la récompense ou de la punition. C’est ce schéma qu’il a développé au cours de ces millénaires. Est-il possible de susciter, non pas une nouvelle série de modes basés sur le plaisir, la peur, la croyance, etc., mais de dépasser ces modes de fonctionnement, faute de quoi il n’y a pas de changement radical, de révolution psychologique. .../... Nous pensons ensemble, explorant le problème.../...Nous explorons, parlant ensemble, comme deux amis. »
3ème causerie à Ojai, le 10 mai 1980 (extraits sélectionnés dans « Insight into Education », sous-titres français OJ80T3)

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« Le propos de ces discussions est de mettre en œuvre une observation créatrice —nous observer nous-mêmes créativement alors même que nous parlons. Nous devrions tous prendre notre part à tous les sujets dont nous désirons discuter, et il faut qu’il y ait une certaine franchise — non pas un manque d’égards ou de la rudesse en exposant la sottise ou l’intelligence d’un autre ; mais chacun de nous devrait prendre sa part de la discussion de toute question et de son contenu. Dans l’affirmation même de tout ce que nous pouvons ressentir, ou examiner, il faudrait qu’il y ait l’impression de percevoir quelque chose de neuf. Telle est la création, non pas la répétition de l’ancien, mais l’expression du neuf dans la découverte de nous-mêmes au moment même où nous nous exprimons en paroles. Il me semble qu’alors ces discussions en vaudront la peine. »
1er dialogue public à Saanen, 3 août 1969.

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« Si, pour nous, ces discussions sont une lutte intellectuelle et verbale où s’affrontent des opinions diverses, je crains bien qu’elles n’aient aucune valeur. Ce qui nous intéresse, voyant la souffrance qui existe en nous et dans le monde, la confusion, l’incessante lutte entre les hommes, c’est de voir s’il n’y a pas une façon entièrement différente de vivre, et non pas simplement de vouloir modifier certains compartiments économiques ou sociaux de notre existence. Est-il possible de vivre d’une vie entièrement différente dans tous les domaines ? Voilà le pourquoi des ces réunions. Apprendre, c’est écouter, et non pas seulement écouter l’orateur, ou écouter cette rivière. Écoutez là tandis que nous parlons, écoutez cet enfant qui crie, vos propres pensées, vos propres sentiments, afin de les connaître à fond. Connaître, c’est comprendre. Et pour comprendre il faut qu’il y ait le souci d’écouter, non seulement vos opinions parce que vous savez très bien ce qu’elles sont. Vos opinions, ce sont vos préjugés, vos plaisirs, les conditions dans lesquelles vous avez été élevés. Il faut écouter, si l’on peut, tous les chocs, effets des influences extérieures, et toutes les réactions ; en écoutant ainsi, en voyant, on apprend. »
« Face à face avec Krishnamurti en 1965 »

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« Il a été très souvent tenté, de différentes manières, de rassembler les gens autour d’une foi, d’une personne, d’un idéal, d’un concept. Vous l’avez sûrement remarqué, c’est vrai. Mais chaque personne traduit les concepts, les idéaux, les personnes, l’autorité, selon ses propres tendances. Par conséquent, la personne, l’autorité, le principe, ne les rassemblent pas, - ce que vous avez pu constater. Pourquoi cela ? Comment cela se fait-il ? Vous comprenez ma question ? Car je crois que si nous arrivons à penser ensemble, nous pourrons alors étudier plus en profondeur nos propres vies, notre confusion, et confronter le monde avec toutes ses horreurs, son affreuse dégénérescence et peut-être pourrons-nous alors envisager ensemble de faire naître une bonne société, une bonne façon de vivre. Pouvons-nous aborder cela ? Pouvons-nous penser ensemble, d’abord ? »
Saanen, 5ème séance de Questions/Réponses, le 29 Juillet 1979.

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« [Parlons] ensemble de la nature même de l’observation, de la manière de regarder, d’écouter, de voir. Nous chercherons à découvrir s’il est possible de voir, et cela non pas avec une seule partie de notre être, visuelle, intellectuelle ou émotionnelle. Est-il possible en aucune façon d’observer de très près sans qu’il y ait aucune déformation ? Voilà une question qui vaut la peine d’être approfondie. Qu’est-ce que voir ? Sommes-nous capables de nous regarder, de saisir les faits fondamentaux, la base même de nous-mêmes — laquelle est faite d’avidité, d’envie, d’anxiété, de peur, d’hypocrisie, tromperie et ambition — sommes-nous capables simplement d’observer tout cela sans qu’intervienne aucune déformation ? Ne pourrions-nous pas ce matin consacrer un certain temps à tenter d’apprendre ce que c’est que de regarder ? Apprendre est un mouvement constant, un renouveau de chaque instant. Il ne s’agit pas d’avoir appris « quelque chose » et de contempler à partir de cette science acquise. En écoutant les paroles prononcées et en nous observant nous-mêmes quelque peu, nous apprenons quelque chose, nous ressentons quelque chose ; et c’est à partir de ce que nous avons appris ou ressenti que nous regardons. Nous regardons appuyés sur la mémoire de ce que nous avons appris, de ce que nous avons ressenti, de ce que nous avons expérimenté ; c’est accompagnés par le souvenir de ces choses, que nous regardons. Et par conséquent nous ne regardons pas vraiment, nous n’apprenons pas vraiment. Apprendre sous-entend qu’un esprit recommence à nouveau, chaque fois. Il apprend dans un renouveau constant. Ceci étant compris nous ne portons aucun intérêt à la culture de la mémoire, il s’agit plutôt d’observer et de voir à chaque instant ce qui se passe dans l’immédiat. Nous allons veiller à être très lucides, très attentifs, afin que, ce que nous aurons pu apercevoir ou apprendre, ne devienne pas un souvenir à partir duquel nous regardons, ce qui constitue déjà une déformation. Il s’agit chaque fois de regarder comme si c’était la première fois ! Regarder, observer « ce qui est » en s’appuyant sur la mémoire signifie que celle-ci dicte ou moule ou oriente votre observation, laquelle est par conséquent déjà faussée. »
Sannen le 6 aout 1969

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« nous nous réunissons pour discuter amicalement de certains sujets, en nous dénudant intérieurement, parce que cela offre une occasion de dévoiler, de découvrir et d’aller au-delà. C’est l’intention qui préside à ces causeries, non pas que l’orateur établisse une loi, un dogme, une autorité, une croyance, une voie à suivre. Mais, en parlant ensemble, nous nous écoutons nous-mêmes plutôt que quelqu’un d’autre. Et en nous écoutant nous-mêmes, nous découvrons plein de choses, une profondeur infinie dans tous nos mots et nos significations. Tout au moins, c’est cela l’intention. Si nous nous contentons de considérer ces discussions comme une bataille verbale et intellectuelle entre des opinions, alors, je crains qu’elles n’aient que très peu de valeur. Ce qui nous préoccupe, quand nous voyons la souffrance morale, la confusion en nous-mêmes et dans le monde, l’incessante bataille entre l’homme et l’homme, c’est de savoir s’il existe une manière de vivre radicalement différente, et ce, pas uniquement dans certains domaines économiques ou sociaux. Pouvons-nous vivre, dans tous les domaines, une vie radicalement différente ? C’est cela la raison pour laquelle nous nous réunissons. Apprendre c’est écouter, .../… , écoutez vos propres pensées, vos propres sentiments, de façon à vous familiariser complètement avec ces derniers. Se familiariser, c’est comprendre, et pour comprendre il faut qu’il y ait le soin de l’écoute, et pas seulement l’écoute de vos propres opinions, parce que vous savez fort bien ce qu’elles sont. Vos opinions sont vos préjugés, vos plaisirs, les conditions dans lesquelles vous avez été élevé. Si on le peut, il faut aussi écouter tous les impacts des influences extérieures et vos réactions à celles-ci, et à travers cette écoute, cette vision, un apprentissage survient. C’est également dans cette intention que ces discussions ont lieu. »
Saanen, le 6 aout 1972

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« Quel est l’objet de nos recherches ? Tant que nous ne sommes pas conscients des différents buts que nous poursuivons, il n’est pas possible d’établir entre nous des rapports corrects. L’un peut rechercher l’accomplissement et le succès, un autre la richesse et le pouvoir, un autre la célébrité et la popularité ; les uns désirent peut-être accumuler et les autres renoncer ; il se peut que quelques-uns cherchent vraiment à dissoudre leur moi, tandis que d’autres désirent seulement en parler. N’est-il pas important de connaître l’objet de nos poursuites ? Pour nous dégager du désordre et de la misère qui sont en nous et autour de nous, il nous faut être conscients de nos désirs et de nos tendances, instinctives ou cultivées. Nous pensons et sentons en termes de réalisation, de profit et de perte, et ceci nous entraîne dans une lutte constante ; mais il existe une façon de vivre, un état d’être, dans lequel le conflit et la douleur n’ont pas de place. Si nous voulons que ces discussions soient profitables, ne devons-nous pas d’abord, connaître nos propres intentions. Lorsque nous observons ce qui se passe dans nos vies et dans le monde, nous voyons que la plupart d’entre nous, subtilement ou brutalement, sommes intéressés à l’expansion du moi. Nous sommes avides de nous prolonger maintenant ou dans le futur ; pour nous la vie est un processus d’expansion continuelle de l’ego au moyen de la puissance, des richesses, de l’ascétisme, ou de vertus, etc. Et ce n’est pas seulement pour l’individu, mais aussi pour le groupe, pour la nation, que ce processus signifie un épanouissement, un devenir, et qu’il conduit à de grands désastres et à des tourments. Nous déployons toujours nos efforts à l’intérieur des constructions du moi, quelques grandes et glorifiées qu’elles puissent être. Si tel est votre but et si le mien est entièrement différent, il n’y aura pas de vrais rapports entre nous, quoi que nous puissions échanger des propos ; nos discussions n’auront pas de sens et s’égareront. Nous devons donc tout d’abord être très clairs dans nos intentions, nous devons être clairs et déterminés au sujet de ce que nous recherchons. Avons-nous soif d’expansion, désirons-nous constamment alimenter le moi, ou cherchons-nous à comprendre et ainsi à dépasser le processus du moi ? Est-ce que l’expansion du moi engendrera la compréhension, l’illumination ; ou n’y aura-t-il illumination et libération que lorsque le processus de l’expansion du moi cessera ? Pouvons-nous nous révéler suffisamment à nous-mêmes pour discerner la direction de nos recherches ? Je pense que vous êtes venus ici avec des intentions sérieuses, nous discuterons donc dans le but d’éclaircir ces intentions et de voir si nos vies quotidiennes révèlent les buts de nos recherches et si nous sommes en train d’alimenter le moi ou non. Ces discussions pourront donc être pour chacun de nous une façon de se révéler. Dans cette révélation de nous-mêmes nous découvrirons le vrai sens de la vie. »
« Krishnamurti parle en 1945-1946 »





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